L'autorité de la concurrence vient en aide à Free Mobile sur la 3G

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logo autorite-concurrenceDans un avis rendu public aujourd'hui sur la convergence des opérateurs à devenir des opérateurs universels (Internet + tel fixe + tel mobile), l'Autorité de la concurrence souhaite que Free, bénéficie "rapidement d'une prestation d'itinérance sur l'un des réseaux en place, non seulement pour la 2G mais aussi pour la 3G". La position de Free Mobile, si celui-ci restait en échec sur la 3G, viendrait à "distordre la concurrence au bénéfice des trois opérateurs mobiles".

Les extraits ci-dessous sont issus du communiqué de presse de l'Autorité de la concurrence (lien).

Un fait nouveau, l'opérateur "universel" :

"Lors de l'ouverture à la concurrence du secteur des communications électroniques, les marchés de la téléphonie fixe, de la téléphonie mobile et de l'accès à Internet haut débit se sont, dans un premier temps, développés de manière relativement indépendante. Depuis quelques années, les opérateurs privilégient des stratégies de « convergence » entre ces différents marchés, au travers d'opérations de diversification, de concentration ou de partenariat. Le marché s'oriente aujourd'hui vers un modèle « d'opérateur universel », capable de répondre à l'ensemble des besoins des consommateurs."

Ces nouveaux opérateurs "universels" ont deux conséquences pour eux :

  • d'une part ils les incitent à utiliser de manière croisée leurs bases de clientèle - c'est-à-dire à utiliser les données commerciales déjà détenues sur un marché (par exemple la téléphonie mobile) pour se développer sur un autre marché (par exemple l'Internet haut débit)
  • d'autre part ils les incitent à proposer des offres de couplage « tout en un », dites offres de convergence. Il peut s'agir de convergence commerciale de type « triple play » (téléphone fixe, internet, télévision) et plus récemment de type « quadruple play » (téléphone fixe et mobile, internet et télévision), ou de convergence technique.

De façon générale, l'utilisation croisée des bases de clientèle et les offres de couplage sont bénéfiques pour les consommateurs : elles peuvent dégager des économies de coûts susceptibles d'être transmises aux consommateurs au travers de baisses de prix et d'accroître l'intensité de la concurrence par un abaissement des barrières à l'entrée.

L'Autorité de la concurrence autorise donc Orange à croiser ses bases de clients :

"L'utilisation croisée par Orange, de ses bases de clientèle entre les marchés du mobile et du haut débit ne paraît pas, de prime abord, pouvoir distordre la concurrence."

En revanche, indique l'Autorité de la concurrence, la mise sur le marché d'offres de convergence par Orange, après Bouygues Telecom (Ideo) et SFR (très prochainement) présentent des risques pour la concurrence, tant que la situation restera bloquée sur le marché mobile : 

  • la généralisation des offres de convergence risque d'accroître encore les coûts de changement d'opérateur pour le consommateur. Par exemple : les durées d'engagements en téléphonie mobile, les freins techniques dans l'accès fixe, augmentent les difficultés aux changements, et limitent ainsi l'intensité de la concurrence.

 

  • les offres de convergence présentent un risque de verrouillage, non plus uniquement des clients, mais des foyers : lorsqu'un foyer dispose d'un abonnement Internet haut débit et de plusieurs abonnements mobiles, les avantages techniques ou tarifaires des offres de couplage et de convergence incitent ses membres à migrer vers le même opérateur pour tous leurs besoins. Or ce mouvement a de fortes chances d'avantager mécaniquement les opérateurs qui disposent des meilleures parts de marché (« effet club »).

 

  • compte tenu des barrières à l'entrée sur le marché mobile, la généralisation des offres de convergence pourrait distordre la concurrence au bénéfice des trois opérateurs mobiles en place et au détriment des autres opérateurs. En effet, dans un secteur qui s'oriente vers le modèle d'opérateur universel proposant au consommateur des offres « tout en un », un opérateur, même efficace, qui éprouverait des difficultés pour pénétrer l'un des marchés concerné, pourrait se trouver gravement pénalisé dans l'exercice de la concurrence et risquer à terme l'éviction. Ce risque pourrait être atténué si le quatrième opérateur mobile, Free, bénéficiait rapidement d'une prestation d'itinérance sur l'un des réseaux en place, non seulement pour la 2G mais aussi pour la 3G compte tenu du très fort succès des smartphones et des « clés 3G ». Or l'Autorité note que les négociations butent actuellement sur ce point.

L'Autorité de la concurrence souhaite donc voir au plus tôt un accord d'itinérance 3G signé pour Free Mobile. Un accord plus que nécessaire pour que Free puisse se battre avec les mêmes armes en 2012 et proposer ses propres offres de convergence.... plusieurs mois (même plusieurs années pour Bouygues Telecom) après la concurrence.

 

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